cette exposition est organisée autour de quatre thèmes chers à l’artiste : l’eau, la terre, la maison, l’enfance. quelque soit le sujet traité, le point de vue offert est toujours patiemment élaboré, profond et singulier, empreint de mystère, de silence, étrange parfois. la parenté avec cézanne est là, lui qui plutôt que montrer voulait faire ressentir. ici est la force de la peinture de ramzi gothbaldin. les carrousels convoquent la magie de l’enfance, les paysages baignés d’eau, de collines et de forêts disent son amour des saisons, les maisons et les natures mortes son attachement aux lieux protecteurs. et toujours les effluves des souvenirs en même temps que la joie de l’instant. l’art de ramzi ghotbaldin invite à la contemplation et à la sagesse, faisant presque oublier le temps qui passe. dans son poème « le pont mirabeau » (alcools – 1912) guillaume apollinaire n’écrivait-il pas : « les jours s’en vont je demeure ».
ramzi ghotbaldin est né en 1955 à khanaqin, entre le kurdistan iranien et le kurdistan irakien, dans une famille de photographes. très jeune, il participe aux activités du studio familial et cet univers l’oriente naturellement vers l’école des beaux-arts où il obtiendra son diplôme en 1975, section graphisme/gravure. de 1982 à 1990, il s’engage dans la résistance kurde. en 1988, après le gazage du kurdistan irakien, il part vivre au kurdistan iranien. il y fera ses premières expositions. c’est en 1990 qu’il est invité à paris à l’occasion d’une exposition d’artistes kurdes. il obtiendra l’asile politique et la nationalité française quelques années plus tard. cette double appartenance détermine sa singularité et la richesse de sa mémoire nourrit durablement son travail.
ramzi ghotbaldin trouve sa pleine maturité dans la synthèse des éléments profondément inscrits en lui et du regard qu’il porte sur son environnement. il vit et travaille à paris où il expose régulièrement ainsi qu’en normandie, en dordogne mais aussi en belgique, aux états-unis, au kurdistan et en angleterre.
francine michel, après être passée par le dessin, la peinture et l’artisanat, fait une rencontre révélatrice avec la terre en 1989 qui décida de son expression artistique. elle suivra le cursus de deux académies et d’une école des métiers d’art en belgique (tournai, charleroi et jemappes).
francine michel utilise inlassablement la technique du colombin. son minimalisme des formes, la verticalité sans cesse ré-explorée et la profondeur de ses couleurs en font une artiste de l’essentiel. ses totems – épis, pipelettes et déliriums – appellent au rêve et résonnent comme une invitation au voyage des arts premiers jusqu’aux approches contemporaines. francine michel vit et travaille dans la région de bourges. elle expose en france et à l’international, notamment en belgique.
william byl est né dans le maine-et-loire. passionné par le dessin, il se forme à l’école des beaux-arts de cholet. durant 15 ans, il se consacre à la réalisation de tableaux au pastel en s’intéressant plus particulièrement au portrait et à la représentation de la figure humaine. parallèlement, il découvre la céramique des années 1950 et il est fasciné par les réalisations de jean derval, rené maurel, roger capron, françois raty, jacques blin, luc lanel et quelques autres… en 2013, il choisi d’utiliser la terre comme mode d’expression principal et explore les techniques du modelage et de la céramique. william byl créé des figures oniriques aux formes animales ou anthropomorphes enrichies de motifs géométriques et de scarifications évoquant parfois l’afrique où il a passé ses premières années. il vit en vendée et expose dans des galeries en france et à l’étranger.